La culpabilité et moi


Définition: État de quelqu’un qui est coupable d’une infraction ou d’une faute.

Tout a commencé quand Giuliana est venue au monde.

Avant, il m’arrivait de culpabiliser quand :

– je terminais la tablette de chocolat,

– on se disputait avec mon mari et que je lui avais dit quelque chose de blessant dans le but de lui faire mal,

– j’oubliais d’envoyer mon texto quotidien à mes parents (d’ailleurs j’ai oublié aujourd’hui)…

Rien de bien méchant et ça m’arrivait rarement…

Depuis que je suis maman, la culpabilité fait partie de mon quotidien…

Quand Giu est arrivée au monde, les premiers symptômes de ma culpabilité sont apparus dès les premiers jours. Je culpabilisais car les débuts de l’allaitement n’ont pas été faciles. Je me disais que si je m’étais mieux préparée, cela aurait été moins compliqué et elle ne perdrait pas du poids. Si elle faisait un rot au lieu de deux et que le soir elle avait des coliques, il m’arrivait de culpabiliser car je me disais que si j’avais attendu plus longtemps le deuxième rot, elle ne serait pas en train de souffrir… Bref dès que Giuliana avait quelque chose, je culpabilisais car je me disais que c’était de ma faute car j’avais sûrement mal fait quelque chose…

Quand j’ai repris le travail ce fût pire. Je culpabilisais à l’idée de la laisser. Elle était bien trop petite et avait encore besoin de moi. Mais je ne pouvais faire autrement il fallait que je reprenne le chemin du travail. ça été d’autant plus compliqué les premiers jours, car lorsque  je rentrais, elle m’ignorait; chose que j’avais du mal à supporter. Je me disais que j’allais rater énormément de chose… Ses premiers pas, ses premiers mots (qui a été papa… hum), son premier repas etc… Tous ces petits moments que j’adorais vivre à ses côtés pendant mon congé maternité.

Le soir quand j’arrive à rentrer plus tôt du boulot, on va faire un tour, histoire de passer du temps ensemble et surtout qu’elle prenne l’air. Si jamais j’ai du retard, me voilà de nouveau à culpabiliser en me disant, “la pauvre elle n’a pas du tout pris l’air aujourd’hui”…

Il m’arrive parfois le weekend d’avoir envie de rester à la maison et de ne pas sortir: flemmarder en pyjama devant les dessins animés ou de bloquer sur “Petits secrets entre voisins”. Et je me dis “toute la semaine, Giu est à la maison, il faut que je me bouge”. Alors j’ai instauré le rituel du dimanche matin au marché. J’avoue parfois avoir envie de dormir faire une bonne grâce matinée… Mais de toute manière à 9h, on est levée, alors foutu pour foutu, autant sortir.

Le bain. Le bain c’est notre moment… Je dis toujours à mon mari le soir c’est mon tour, donc le bain, les repas (quand elle était bébé)… C’est moi! Histoire peut être de compenser mes absences de la journée. Mais parfois, après une dure et longue journée, je n’ai pas le temps de lui faire prendre son bain, un moment qu’elle adore et que j’adore, surtout quand on le prend ensemble… Alors me voila à culpabiliser de nouveau, en me disant que je venais de la priver d’un plaisir.

L’histoire du soir. Il y a des soirs comme ça ou je suis juste pressée de la mettre au lit, pas le temps pour une histoire, ou alors si, mais une courte. Me revoilà à culpabiliser en me disant que j’aurai pu quand même lui lire une histoire… 5 minutes ce n’est pas si long.

Un bisou, un câlin oublié avant de dormir me fait culpabiliser. Je retourne aussitôt dans sa chambre pour lui en faire un.

Le médecin. Giu tombait rarement malade bébé, donc forcément, le pédiatre je n’y allais que très peu, juste pour les visites mensuelles. Mais en grandissant, elle est devenue plus fragile. Le fait qu’elle soit peu en contact avec les microbes, fait qu’aujourd’hui, si un microbe passe par là, c’est pour elle. Il m’arrive parfois d’attendre 2 jours avant de voir le médecin, et de finir par appeler SOS médecin la nuit car la fièvre était montée bien trop haute. Et hop, la culpabilité refait surface en me disant, j’aurai dû l’emmener voir la pédiatre dès les premiers symptômes, elle ne souffrirait pas si j’avais réagit à temps.

Les sorties entre copines. Je crois que ça, c’est le moment où je culpabilise le plus. 10 bisous plus tard, je peux enfin quitter la maison. Je culpabilise déjà de la laisser et surtout de me dire que je suis là à m’amuser avec mes copines alors que je devrais être à ses cotés. Alors, il m’arrive parfois, quand je suis avec mes amies, d’avoir un petit moment de silence, de retrait, car je pense à elle, à eux, je regarde nos photos, comme si j’étais partie pour des semaines. Car au fond de moi je culpabilise, en me disant que ma place est auprès d’eux. Si j’avais décidé de rester dormir exceptionnellement chez l’une d’elle, je finis par changer d’avis et rentrer à la maison, pour être présente à son réveil.

Les sorties, les weekends ou voyage en amoureux. La laisser pour quelques jours pour avoir un peu de temps pour nous est assez compliqué. Si je pouvais, j’emmènerai Giu partout où je vais. Je sais qu’il faut parfois penser à soi-même, c’est important pour son bien-être mental, même si on n’en ressent pas forcément le besoin. Je sais pertinemment que ces moments avec mon mari uniquement nous font du bien à tous les deux, même si au final, toute la soirée on ne parlera que d’elle.

C’est grave docteur?

Et si, et si, si si….

Des exemples comme ça j’en ai des tonnes. La culpabilité ne me lâche plus. Et je sais que ce n’est que le début. Je suis loin d’être une maman parfaite, mais je fais ce que je peux. Souvent je me demande si elle m’en veut, si elle m’en voudra. La réponse est non bien sur pour certaine chose, en tout cas pour l’instant. De toute manière, c’est plus fort que moi. Alors, je me dis quelque part que c’est plutôt une bonne chose, la culpabilité de maman, c’est quelque part être exigeante avec soi-même pour le bien de son enfant. La culpabilité me guide, change mon comportement, m’aide à avancer et me pousse à me surpasser…

Tant que cela ne me ronge pas, ou que ça ne devient pas une obsession, Culpabilité peut rester. Surtout si son unique but est de rendre Giu heureuse.

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